Interview de Jérôme TARDIEU (Décors, comédien):

Martin Fabrice - Bonjour Jérôme, on va commencer par une petite présentation, tu es étudiant au LaMP (Laboratoire de Météorologie Physique) à l'Université Blaise Pascal, et tu fais parti de l'atelier Théâtre et Sciences, comment as tu entendu parler de cet atelier ?

Tardieu Jérôme - Oui, salut, euh…c'était quoi la question ? ah! Oui, je suis au LaMP. En fait Théâtre et Sciences c'est un pote qui écrivait une pièce et qui m'a demandé de l'écrire avec lui, j'y ai participé et après je sui venu les voir au répèt', et puis le grand mentor de Théâtre et Sciences Pierre Bonton, m'a demandé de faire parti de la troupe, eh ben j'ai dis: "oui".

M.F. - Depuis combien de temps es-tu à Théâtre et Sciences ?

T.J. - Eh bien, en fait c'est la 2ème année…

M.F. - Tu as suivi l'atelier Théâtre et Sciences Pendant les thèmes…, oui parce ce que chaque année il est proposé un thème scientifique, …les thèmes de "l'eau" et "Les dangers de la science", peux tu nous les présenter brièvement et nous dire comment s'est orienté le travail des étudiants autour de ces deux thèmes ?

T.J. - Ouais, en fait, je suis arrivé en cours d'année pour le thème de "l'eau", bon au départ, c'est vrai que ça commence par un brainstorming, j'y étais pas je ne sais pas comment ça se passe vraiment, au final y'a eu, des sketchs, des pièces de théâtre qui différaient pas mal, y'a eu des textes comme "Pénurido", ou tout simplement "La vérité vraie sur la mort de Marat" où l'eau intervenait seulement par le fait que Marat est mort dans sa baignoire, y'a aussi des textes d'humour avec des jeux de mots à la François, que tout le monde connaît maintenant, puisqu'il passe au théâtre de "La petite Gaillarde" avec les Transtylographes, voilà pour le thème de "l'Eau", donc c'est vrai que c'était assez divers comme résultats.
Cette année, le thème i'me plaisait pas trop, les dangers de la science ça m'inspirait pas, la plupart des étudiants ont fait des pièces de science fiction, donc Internet, des cités du futur, des trucs comme ça. Pour ma part je voulais faire quec'chose un peu poétique, drôle,…mais enfin bon y'a que le titre qui est drôle! Sinon on a eu des trucs comiques, des trucs un peu plus tragiques, on a eu de tout finalement. L'idée sur ce thème, "Les dangers de la science", était de faire ce travail dans l'esprit théâtre de rue, on voulait représenter nos pièces comme du théâtre de rue, donc dehors (Rires ).
M.F. - Comment fait on du théâtre de rue sur une place en l'occurrence la place Vasarely qui est la place de l'université Blaise Pascal à Aubière sur laquelle vous allez jouer dans quelques jours ? Quelles ont été les difficultés que vous avez rencontrés que ce soit pour les financements, l'organisation, savoir le temps qu'il allait faire, est-ce que vous vous en êtes préoccupés ? Toi par exemple tu es étudiant au LAMP dont ça devait être ton rayon puis au niveau de l'éclairage, forcément c'est un petit peu compliqué.

T.J. - Oui donc le théâtre de rue comment ça s'organise et bien tout simplement on fait toutes les représentations en salle, petite Gaillarde et Boris Vian après on se dit " hou la la, mais c'est vrai que dans trois semaines on a prévu de faire du théâtre de rue place Vasarely mais il se trouve qu'il y a les vacances pile poil au mauvais moment, ce qui fait que tous les élèves sont partis et les quelques pèlerins qui sont là sont tout de suite réquisitionnés pour organiser le théâtre de rue place Vasarely. Euh, il suffit d'une première réunion où on se rend compte tout de suite qu'il y a des choses à faire, on décide un peu comment ça va se passer, il va falloir lancer un programme, il va falloir récupérer des sous en effet on a demandé une subvention à culture et action qui subventionne les projets étudiants, pour ce qui est de la météo et ben c'est au petit bonheur la chance, s'il fait beau on fera ça en plein milieu de la place Vasarely avec le sourire et sinon s'il fait moins beau on fera ça sous les arcades avec le sourire quand même car le théâtre c'est toujours génial, la lumière ben y'a aura pas quoi, ça sera le soir qui tombe, de toute façon la nuit se couche à neuf heures il me semble. A peu près.

M.F. - Donc Jérôme tu t'es chargé des décors mais il n'y a pas déjà un atelier décor au SUC ?

T.J. - Si si y'a l'atelier de Martine Vialatte dont je fais parti.

M.F. - Et alors donc comment ça se fait que cet atelier ne s'est pas occupé des décors de théâtre et science, c'était le sens de ma question ?

T.J. - Ah excusez moi, …, en fait cet atelier ben chaque année il choisit plus ou moins une troupe qu'il va suivre, et il va créer le décor pour cette troupe, et cette année il se trouve que le décor que l'on a monté, était pour la troupe de Jean-Luc Guitton qui essaye de monter des textes de Daniil Harms, étant donné que ça fait la deuxième année que je participe aux décors Pierre m'a dit " ben voilà, rebelotte, je te nomme responsable du décors ", voilà comment ça s'est passé quoi.

M.F. - Oui alors justement, en parlant de décors tu disais que ça fait deux ans que tu fais le décors, je crois savoir que y'a deux ans, y'avait une structure pour supporter les décors sur le thème de l'eau, qui a été emmené quand même jusqu'en Russie, à Kaliningrad, et donc voilà, ma question est la suivante : comment on emmène une structure en bus en Russie (rire) combien il faut de personnes pour la monter, combien de temps, là-bas comment ça s'est passé au niveau de la scène, au niveau de l'accueil du public, etc… ?

T.J. - C'est vrai que la structure c'était une idée un peu folle de Pierre, il s'est dit " tiens je vais faire travailler les p'tits gars de la licence mécanique, leur faire monter une structure en aluminium ", un peu bancal mais à l'arrivée ça tenait. Cette structure servait à supporter des rideaux, comme le thème était l'eau on avait pensé que des rideaux flottants, ça donnait bien l'idée de…, de pfouu, le côté ondulatoire de l'eau, pour la Russie ouais il a fallu le transporter donc, je me souviens, on était devant l'atelier décors, à Dolet, et à, …, chais pas il était deux, une heure, une heure et demie du matin, on était tous là et on s'aidait à transporter ces barres qui faisaient six mètres de long, arriver à les caser dans le car, donc on les avait poser dans l'allée, au milieu du car ; sur place et ben, on s'est tous motivés au moment où il fallait monter la structure, y'avait de la main d'œuvre, enfin c'était assez sympa, pour ce qui est du spectacle en fait on était dans une université un peu francophone donc on avait un auditoire qui était déjà, qui comprenait le Français, et pi le reste qui comprenait pas le Français tout simplement. A ce moment là, il faut laisser un ptit peu de côté le texte et par les gestes essayer de faire, essayer de toucher le public. Ca s'est passé super bien, vraiment une très bonne, une très bonne, une très bonne, expérience, épreuve ! en plus on a, on est partis en car comme ça à travers, à travers les pays, l'Allemagne, la Pologne jusqu'à la Russie. Non vraiment c'était terrible hein. Ya' pas d'autres mots.

M.F. - Euh oui, est-ce que plus précisément tu peux nous parler de la réaction du public Russe par rapport à la prestations des petits Français en balade ?

T.J. - Oui bon c'est vrai que y'a deux trois petites précisions qu'il est important de noter, par exemple lors du spectacle on avait un type avec sa caméra, un mec de la télé qu'était là pour nous filmer et ça le dérangeait à peine d'aller se poser à deux mètres de nous. Bon ben nous on a fait avec. Au niveau de la lumière, le gars qui s'occupait de la salle il a mis un p'tit peu son veto sur la lumière, il a fait un petit peu à sa convenance et c'était pas forcément ce qu'on voulait à notre spectacle. Et outre tout ça, tous ces désagréments qui sont quand même rigolos quand on y repense, à la fin du spectacle, le public était content, ils sont descendus, ils nous ont demandés des autographes, y'a même des p'tits gars qui filaient des espèces de carte avec un dé, un dessin et un avec un p'tit poème à côté, qu'ils avaient fait. Des artistes en herbe. Fhh, non, non c'était très, très bien. [murmures] Oui bon bien sûr les poèmes étaient écrits en Russe, quoi que moi j'en ai pas reçus donc je n'sais pas.

M.F. - Alors pour en revenir à votre spectacle de cette année, tu disais tout à l'heure que la première partie s'est euh, s'est déroulée pour la première fois dans la salle qui s'appelle la petite Gaillarde qu'est pas loin de Place Gaillard, et qui est assez petite donc comment on donne, donne l'impression de, enfin le caractère d'une ville dans une petite salle comme la petite gaillarde, même décors, même disposition ou euh, comment ça s'est passé ?

T.J. - Oui donc en fait le décors a été monté dans l'idée du théâtre de rue qu'on f'rait à la fin, c'est vrai que la petite gaillarde c'est une salle un p'tit peu, petite, comme son nom l'indique, un peu vétuste, enfin je sais pas, je sais pas si c'est ça le mot qui convient, euh, on avait pensé au début faire des p'tits, … stands, comme ça de théâtre à travers la p'tite gaillarde à l'étage et les gens déambuleraient comme ça, au détour des pièces et puis on s'est dit non quoi, ça aurait été assez compliqué donc en fait on a fait un décors qui tout simplement représente une ville, alors une ville un peu fou, certains disent qu'ya des inspirations de la Russie. C'est tout à fait possible, disons que c'est une ville un peu extravagante je sais pas, de toute façon vous pouvez les voir sur les superbes photos ci à côté. Et voilà l'idée c'était que chaque pièce qui avait été montée se situait plus ou moins dans un magasin, un bâtiment en particulier, et euh, un cabinet de masseur, un, une cordonnerie, une place du village et c'est comme ça qu'on a un décors en huit, huit panneaux, bon voilà. Quoi d'autres ? Non c'est tout.

M.F. - Et donc pour en revenir à donc, euh, la représentation que vous allez donner place Vasarely dans quelques jours, en fait y'a d'autres intervenants, les farfadets notamment, et donc comment ça c'est organisé ça, comment vous avez pris contact avec eux ? et puis aussi si tu pouvais nous parler de comment ça va s'agencer sur la place au niveau du public, comment ça se passe les mouvement etc. Voilà, si tu pouvais nous parler un peu de tout ça…

T.J. - … Hum. Ben oui on a des potes qui font de la Musique, c'est les Sabayo, c'est Seb et Yoan, ça fait un bout de temps qu'on les suit, Seb a participé à théâtre et science une année et c'est vrai qu'ils ont une autre troupe avec des copains, les farfadets, qui font les troubadours, y'a du jonglage, un mec sur des échasses il me semble, etc.… etc.… et ils se produisent lors de festivaux-festivals-tu le mets pas ça, de festivals alors médiévaux (rires), lors de festivals médiévaux, voilà donc on les a sollicités lors de notre animation musicale entre les deux séries de pièce ils ont la place pour eux, à eux de faire vibrer le public, pour ce qui est de l'agencement des rues ben voilà, on a eu l'idée d'une grande rue qui s'appellerait le boulevard Blaise Pascal en mémoire de notre cher illustre Blaise Pascal comme le nom de l'université l'indique, et pis, de ce grand boulevard partent des rues dont les noms évoquent certaines pièces de notre théâtre à nous, théâtre et science, donc on peut, on peut notamment parler de la rue Newton, la rue Nobel, la fameuse rue du futur, et tout simplement la rue des hommes. Quatre rues donc ça fait quatre petits stands, on a huit panneaux décors donc ça fait deux panneaux à chaque, à chaque stand, j'aime pas trop dire stand parce qu'on se croirait un peu à la fête foraine mais bon théâtre de rue c'est un peu ça aussi, le spectacle, et pour ce qui est des spectateurs on espère qu'on en aura. C'est vrai qu'on fait la pub un peu tard, c'est vrai qu'on a juste les vacances avant nous pour intéresser et pour mobiliser les étudiants, c'est pas tout à fait évident on se dit que c'est con mais si jamais y'a trois spectateurs, ben y'aura un des, y'aura un des stands qu'aura pas de public, tout simplement. Voilà. Et bien merci Fabrice et bonne continuation.

M.F. - Bon ben sur ce, voilà, je crois qu'on a fait un peu le tour de la question. Si tu vois autre chose, je te laisse la parole.

T.J. - … Je vais juste dire que non, ben bon pour revenir un petit peu sur le décors, c'est pas évident de faire le décors d'une ville, une première série de quat' panneaux, une deuxième série de quat' panneaux avec pas la même équipe. Et je dirais même plus c'est pas évident de vouloir faire que'kchose d'artistique avec une équipe de mecs, de nanas qui ont forcément pas la même idée artistique que vous parce que eux ils ont pas la même idée artistique que leurs voisins, euhhhh, non là, la peinture tout seul chez soi c'est sympa.

M.F. - Merci Jérôme et bonne continuation dans le théâtre. Merci.

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